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Comment le vent vient à l’oreille

(titre provisoire)

Préambule

L’effritement continu du château de sable qui sert de socle à nos vies n’est pas mauvais en soi. Il nous permet/oblige à rester mobilisés. La fragilité de ce qui se construit peut appeler des réponses ironiques et absurdes, et c’est vers là que nous allons… Nos réponses (même si celles-ci restent des questions), sont aussi bien dans nos contenus artistiques que dans nos façons de les mettre en œuvre. Une façon d’être avec. De ne pas laisser de côté…

1 – le spectacle

De légers avions de balsa, aux ailes de libellule, se meuvent en cercles, sans fin sous la voûte. Un grand gars rebondit, élastique, sur une toile au milieu de la piste. Essaims suspendus, des grappes de musiciens, jouent, tenus les uns aux autres. Une musique forte et lourde, les yeux dans les yeux aux spectateurs tout autour. Des qui volent, des qui lévitent, des qui évitent… les instruments de cuivres de anches et de caisses qui tombent en pluie. Se cabossent. Il en faut un qui les sauve. Mais en voilà vingt qui déboulent, s’emparent de lui, du trampoline où l’autre saute. On le lui prend, le lui retourne, et lui s’y agrippe, chat ébahi. À la force de ces vingt, le mastar du trampoline s’envole. Virevolte. Ils le lâchent (l’outil s’aplatit), entonnent à tue-souffle une nouvelle musique, le chat a disparu.

Cet opus de retrouvailles entre l’orchestre et Yann Ecauvre/Cirque Inextrémiste, est une création sous chapiteau. A la fois vaste et intime, scénique… pris à partie, rendu vivant. Nous y jouerons à 360° un spectacle en trois dimensions, au plus près du public. Faire communion plus que représentation. A l’instar de la vie en société, assumer la subjectivité de la place de chacun. On y est jamais seulement spectateur, on y prend sa part.

Comment le vent vise à mettre en doute nos perceptions autant que nos certitudes. Inventer du merveilleux aux fils qui se voient. Surprise ultime que la magie soit si artisanale, façon aussi de dire que c’est ailleurs que l’on cherche… Donner l’impression d’un monde où les logiques sont ailleurs, différentes, compliquées à cerner. Et pour ça, à chaque endroit où un effet « d’illusion » pourra agrandir le doute, Yann Frisch, magicien hors normes, glissera sa patte…

Farce sur l’apesanteur, et du comment on s’appesantit, le spectacle joue les contrastes. La légèreté du trampoliniste au revers du poids de l’agrès qui le propulse. Et les vingt humains qui le transportent sont là pour le raconter. D’un solo gras et lourd, à un tutti doux et volatile, la musique n’est pas là au service des scènes de cirque, elle en construit conjointement le sens et l’émotion. Ici, la flutiste se déplace en formant un angle à 45° avec le sol, tricotant une fugue, tandis que l’orchestre tangue, cinq mètres plus haut. Les musiciens, solidarisés, deviennent leur propre agrès, circulant dans les airs d’une façon incompréhensible. Si une échelle vole, on s’y accroche, si elle ondule, on y surfe dans les airs comme sur des vagues. Chorégraphies des corps et des déplacements s’amusent de chaque contrainte. Que chacun soit libre, ou lié/relié à ses voisins/voisines par des fils qui font jouer la force des contrepoids… Ou comment l’individu fait fléchir le groupe. Par leur douceur et leur merveilleux, les « ultralégers » volants de Fabrice Dominici (avions de balsa, pliages de matériaux high-tech, jonglages de plumes…) amènent un silence de méditation, contrechamps parfois simultané aux scènes évoquant la puissance du collectif (son orchestral ou foules humaines), l’effort démesuré de la résistance physique (suspensions, pyramides, chaînes de corps pendus par un bras…), la dérisoire lucidité du clown.

Concevoir et jouer un tel spectacle peut sembler déplacé de démesure par les temps qui courent. Nous le souhaitons comme une fenêtre poétique-utopique ouverte sur notre avenir commun. Une débordement bienvenu, un carnaval sous la pluie. Notre gros groupe de gens pas seulement en scène, mais en mouvement, comme une parabole de l’humain social. Fenêtre à l’imaginaire, et à la rencontre.

2 – Équipe et distribution

mise en scène : Yann Ecauvre
coordination artistique / regard extérieur : Camille Secheppet
consultation magie et conseils d’illusion : Yann Frisch
régie générale : Nicolas Legendre
création lumière : Jacques-Benoît Dardant
création du dispositif sonore  : Zak Cammoun
costumes : Solenne Capmas

Surnatural Orchestra : Léa Ciechelski (flûtes), Clea Torales (flûte), Basile Naudet (sax soprano et alto), Jeannot Salvatori (sax alto, baryton), Guillaume Christophel (sax ténor, clarinette), Nicolas Stephan (sax ténor), Fabrice Theuillon (sax baryton), Pierre Millet, Antoine Berjeaut (trompette, bugle), Julien Rousseau (trompette, trombone soprano, euphonium), François Roche-Juarez (trombone, guitare), Hanno Baumfelder (trombone), Judith Wekstein (trombone basse, claviers), Boris Boublil (claviers, guitare), Fabien Debellefontaine (sousaphone), Ianik Tallet (batterie), Sven Clerx (percussions)

+ Yann Ecauvre, Rémi Bezacier (trampoline), Fabrice Dominici (objets volants ultralégers, jonglage), Julien Favreuil (cordiste, sax ténor)…

administration : Christine Nissim
production : Marie-Edith Roussillon
presse / communication : Catherine Cristofari / Cristojazz

3 – mentions obligatoires et production