Clameurs

1 – le spectacle

À l’image de ses nombreuses autres propositions scéniques, le nouveau répertoire de concert du Surnatural Orchestra s’est écrit et se joue comme un spectacle organique, surprenant, en mouvement perpétuel. Tous les aspects de la prestation – la musique, le son, les lumières, l’espace, le public – ont été pensés comme des matières à sculpter et à jouer.
Lors de l’écriture et de la création en résidence, le répertoire a été composé avec plusieurs prérequis esthétiques : une place significative laissée à l’improvisation et au soundpainting, cette technique de direction d’orchestre improvisée et partagée chère au collectif depuis ses débuts, comme un espace de liberté et de complicités; une recherche autour de la spatialisation du son par un travail d’écriture et de mise en son réalisé main dans la main avec l’équipe technique afin de pouvoir interpréter les morceaux aussi bien sur scène que dans le public ou depuis les coulisses et une scénographie lumineuse, jouant sur les effets de réflexion et les intensités, notamment par l’utilisation de costumes et d’accessoires à facettes.

2 – équipe et distribution

Basile Naudet (guitare)
Bertrand Landhauser (trombone)
Camille Secheppet (sax alto, clarinette)
Clea Torales (flûte, sax alto)
Fabien Debellefontaine (sousaphone)
Fabrice Theuillon (saxes alto et baryton)
Guillaume Christophel (sax ténor, clarinette)
Guillaume Dutrieux (trompette, bugle)
Hanno Baumfelder (trombone)
Ianik Tallet (batterie)
Jeannot Salvatori (saxes alto et baryton)
Judith Lune Jansen (trompette, bugle)
Julien Rousseau (euphonium, trompette, bugle)
Léa Ciechelski (flûte, piccolo, sax alto)
Martin Daguerre (saxes alto et sopranino)
Morgane Pommier (trombone basse)
Nicolas Stephan (sax ténor)
+
Anne Palomeres (lumières)
Jérôme Bertin (régie générale)
Rose Bruneau et Zak Cammoun (son)

3 – mentions obligatoires et production

Collectif Surnatural est soutenu par la DRAC Ile-de-France (ensemble conventionné et fonds de relance 2021), la Région Ile de France (PAC – aides à l’investissement), le Conseil Départemental 93 (compagnie départementale – aides à l’investissement), le CNM (aides à l’investissement), la SACEM (aide aux grands ensembles) et ponctuellement par la Spedidam. Il est membre de la fédération d’artistes pour la musique en Grands Formats et de la FSICPA (fédération des structures indépendantes de création et de production artistique).

Pic

(création)

Préambule

L’effritement continu du château de sable qui sert de socle à nos vies n’est pas mauvais en soi. Il nous permet/oblige à rester mobilisés. La fragilité de ce qui se construit peut appeler des réponses ironiques et absurdes, et c’est vers là que nous allons… Nos réponses (même si celles-ci restent des questions), sont aussi bien dans nos contenus artistiques que dans nos façons de les mettre en œuvre. Une façon d’être avec. De ne pas laisser de côté…

1 – le spectacle

De légers avions de balsa, aux ailes de libellule, se meuvent en cercles, sans fin sous la voûte. Un grand gars rebondit, élastique, sur une toile au milieu de la piste. Essaims suspendus, des grappes de musiciens jouent, tenus les uns aux autres. Une musique forte et lourde, les yeux dans les yeux aux spectateurs tout autour. Des qui volent, des qui lévitent, des qui évitent… les instruments de cuivres de anches et de caisses qui tombent en pluie. Se cabossent. Il en faut un qui les sauve. Mais en voilà vingt qui déboulent, s’emparent de lui, du trampoline où l’autre saute. On le lui prend, le lui retourne, et lui s’y agrippe, chat ébahi. À la force de ces vingt, le mastar du trampoline s’envole. Virevolte. Ils le lâchent (l’outil s’aplatit), entonnent à tue-souffle une nouvelle musique, le chat a disparu.

Cet opus de retrouvailles entre l’orchestre et Yann Ecauvre/Cirque Inextrémiste est une création sous chapiteau. A la fois vaste et intime, scénique… pris à partie, rendu vivant. Nous y jouerons à 360° un spectacle en trois dimensions, au plus près du public. Faire communion plus que représentation. A l’instar de la vie en société, assumer la subjectivité de la place de chacun. On n’y est jamais seulement spectateur, on y prend sa part.

Pic vise à mettre en doute nos perceptions autant que nos certitudes. Inventer du merveilleux aux fils qui se voient. Surprise ultime que la magie soit si artisanale, façon aussi de dire que c’est ailleurs que l’on cherche… Donner l’impression d’un monde où les logiques sont ailleurs, différentes, compliquées à cerner.

Farce sur l’apesanteur, et du comment on s’appesantit, le spectacle joue les contrastes. La légèreté du trampoliniste au revers du poids de l’agrès qui le propulse. Et les vingt humains qui le transportent sont là pour le raconter. D’un solo gras et lourd, à un tutti doux et volatile, la musique n’est pas là au service des scènes de cirque, elle en construit conjointement le sens et l’émotion. Ici, la flutiste se déplace en formant un angle à 45° avec le sol, tricotant une fugue, tandis que l’orchestre tangue, cinq mètres plus haut. Les musiciens, solidarisés, deviennent leur propre agrès, circulant dans les airs d’une façon incompréhensible. Si une échelle vole, on s’y accroche, si elle ondule, on y surfe dans les airs comme sur des vagues. Chorégraphies des corps et des déplacements s’amusent de chaque contrainte. Que chacun soit libre, ou lié/relié à ses voisins/voisines par des fils qui font jouer la force des contrepoids… Ou comment l’individu fait fléchir le groupe. Par leur douceur et leur merveilleux, les « ultralégers » volants de Fabrice Dominici (avions de balsa, pliages de matériaux high-tech, jonglages de plumes…) amènent un silence de méditation, contrechamps parfois simultané aux scènes évoquant la puissance du collectif (son orchestral ou foules humaines), l’effort démesuré de la résistance physique (suspensions, pyramides, chaînes de corps pendus par un bras…), la dérisoire lucidité du clown.

Concevoir et jouer un tel spectacle peut sembler déplacé de démesure par les temps qui courent. Nous le souhaitons comme une fenêtre poétique-utopique ouverte sur notre avenir commun. Un débordement bienvenu, un carnaval sous la pluie. Notre gros groupe de gens pas seulement en scène, mais en mouvement, comme une parabole de l’humain social. Fenêtre à l’imaginaire, et à la rencontre.

2 – Équipe et distribution

mise en scène : Yann Ecauvre (Inextrémiste)
coordination artistique / regard extérieur : Camille Secheppet, Bertrand Landhauser et Delphine Dupin
adaptation chapiteau, conception gradins, scénographie cirque et direction technique : Nicolas Legendre
conception patience et grand assistant cordes : Hervé Banache
chef monteur et régie plateau : Bernard Molinier
monteurs, riggers, constructeurs : Olivier Duris, Max Héraud, Benjamin Leroy, Sylvain Vassas-Cherel (en alternance)
création lumière : Jacques-Benoît Dardant et Anne Palomeres
création du dispositif sonore  : Zak Cammoun, Rose Bruneau, Geoffrey Durcak et Manu Martin
costumes : Solenne Capmas

Surnatural Orchestra : Léa Ciechelski (flûtes, sax alto, chant), Clea Torales (flûte, sax alto), Basile Naudet (sax sopranino et alto), Jeannot Salvatori (sax baryton, chant), Guillaume Christophel (sax ténor, clarinette), Nicolas Stephan (sax ténor, chant), Fabrice Theuillon (sax baryton et alto), Pierre Millet et Antoine Berjeaut (trompette), Julien Rousseau (euphonium, trombone soprano), François Roche-Juarez (trombone, guitare, chant), Hanno Baumfelder (trombone), Bertrand Landhauser (trombone, claviers), Boris Boublil (claviers, guitare), Fabien Debellefontaine (sousaphone, flûte à bec), Ianik Tallet (batterie), Sven Clerx (percussions)
+
Yann Ecauvre ou Delphine Dupin (acrobatie), Rémi Bezacier (trampoline), Viivi Rohia ou Julie Delhomme (corde), Fabrice Dominici (objets volants ultralégers, jonglage), Julien Favreuille et Hervé Banache (manipulation cordes)

administration/production : Christine Nissim et Thomas Gold
diffusion : Roselyne Burger / roselyne@surnaturalorchestra.com / +33 (0)7 67 79 14 85

3 – mentions obligatoires et production

Ce spectacle a été accueilli en résidence et coproduit par : L’Agora – Pôle National Cirque de Boulazac Aquitaine ; CIRCa Pôle National Cirque, Auch Gers Occitanie ; L’Azimut – Pôle National Cirque en Ile-de-France – Antony/Chatenay-Malabry (résidence au Plus Petit Cirque du Monde – centre des arts du cirque et des cultures émergentes) ; la Plateforme 2 pôles Cirque en Normandie, La Brèche – Pôle National des arts du Cirque de Normandie et le Cirque-théâtre d’Elbeuf ; l’Académie Fratellini (Saint-Denis) dans le cadre d’une résidence du Conseil Départemental de Seine-Saint-Denis ; Le parc départemental Jean Moulin-Les Guilands (Bagnolet-Montreuil).

Sa création a également été coproduite par : Le théâtre de Cornouaille – scène nationale de Quimper, centre de création musicale ; Les 2 scènes – scène nationale de Besançon ; Le Parvis – scène nationale de Tarbes Pyrénées ; La Coursive – scène nationale de La Rochelle ; La Communauté d’agglomération MSM-Normandie ; La Coopérative De Rue et De Cirque (2r2c) ; le Cirque Jules Verne – Pôle National Cirque et Arts de la Rue – Amiens.

Il a bénéficié de l’Aide Nationale cirque de la DGCA, des aides à la création et à la diffusion du CNM, de la Région Ile-de-France et de la Spedidam, ainsi que de l’aide à la tournée de l’Onda.

Collectif Surnatural est soutenu par la DRAC Ile-de-France (ensemble conventionné et fonds de relance 2021), la Région Ile de France (PAC – aides à l’investissement), le Conseil Départemental 93 (compagnie départementale – aides à l’investissement), le CNM (aides à l’investissement), la SACEM (aide aux grands ensembles) et ponctuellement par la Spedidam. Il est membre de la fédération d’artistes pour la musique en Grands Formats et de la FSICPA (fédération des structures indépendantes de création et de production artistique).

La toile

De l’accointance partagée pour les choses vagues et les terrains à défricher ; de l’attirance déclarée pour les friches urbaines et humaines, par là où pousse le grain baladé au vent (qu’on ne sépare pas de l’ivresse) ; de l’inconnu d’où on plantera ce soir la pince du chapiteau, de leurs toiles et de nos lampes, qu’on dresse pour en faire sa maison d’un soir ; des vertiges du sol, quitté pour goutter le chemin exigeant du fil tendu ; de la joie de faire frissonner l’auditoire en prenant le risque comme écho, en léchant ce qui est fragile, nous nous rencontrons. Du cirque à nous il n’y a qu’un pas, il sera là franchi, encore une fois.

Sous ce nom, La Toile, un concept de spectacle(s) proposé par l’orchestre. Une façon de rencontre entre Surnatural Orchestra, son vaste répertoire, sa disponibilité d’inventions, et des gens de cirque dans leur diversité. La rencontre se fait lors d’une résidence courte, sur les acquis des protagonistes, une mise en commun des envies, le partage des possibilités combinatoires numéros de piste/énergie orchestrale… pour aboutir à une forme de spectacle mêlant les univers jusqu’à les fondre. L’aboutissement en est un spectacle à priori unique, joué de façon ponctuelle, entre 20 et 25 personnes sur scène, avec la belle fragilité inhérente de la proposition…

Des Toiles très diverses ont eu lieu depuis 2009 sous des formes variées avec des membres des compagnies :

Les Colporteurs, Cirque Inextremiste, Basinga (Tatiana-Mosio Bongonga), L’Immédiat, Bikes & Rabbits, Cheptel Aleikoum, Toi Dabord…

post scriptum : une première rencontre « Toile » avec la Compagnie Inextrémiste a finalement donné lieu à plusieurs formes évolutives, toutes très diverses, qui ont été des préambules à la création d’un spectacle de cirque original : « Esquif ».